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ToggleJohnny Aubert, parcours d’un champion français entre motocross et enduro
Johnny Aubert, une trajectoire forgée très tôt dans la compétition
Johnny Aubert n’est pas arrivé par hasard au sommet. Né le 31 mai 1980 à Maubeuge, il grandit dans une famille où la moto n’est pas un simple loisir mais une véritable culture mécanique et sportive, héritée de décennies de compétition et profondément liée à l’Histoire Yamaha. Neveu du pilote de motocross Jean-Jacques Bruno, entouré de cousins déjà immergés dans le tout-terrain, Johnny reçoit à seulement trois ans son premier 50 Italjet. Le décor est posé, sans détour. À quatre ans, il dispute déjà ses premières courses. Anecdote révélatrice du personnage : il s’arrête en pleine épreuve lorsqu’un concurrent chute, le temps de l’aider à se relever. La victoire attendra, l’humain est déjà en piste.
Installé dans le Nord, à la frontière belge, Johnny se forge très tôt face à une concurrence sans concession. Il affronte dès l’enfance ceux qui deviendront plus tard des références mondiales comme Steve Ramon ou Cédric Melotte. Une école dure, sans filtre ni raccourci, qui construit autant le mental que le pilotage, et qui explique en grande partie la solidité de sa carrière future.
Des débuts nationaux éclatants et le soutien de Yamaha
À 12 ans, Johnny Aubert fait ses débuts en France lors de la finale du Minivert à Saint-Dié. Il frappe fort : victoire de manche devant Sébastien Tortelli, deuxième place sur la suivante. Jacky Vimond repère immédiatement le potentiel et l’intègre à l’équipe de France espoir. Yamaha Motor France entre alors dans la danse.
1993 marque un tournant. Sur sa YZ80, Johnny domine tout. Champion de France Minivert 80 cc, Champion de France Cadet, Champion du Monde 80 cm3. Sur le circuit de Laguépie, ses chronos parlent d’eux-mêmes : ils seraient suffisants pour se qualifier en mondial 125. Yamaha croit en lui, l’accompagne, et Johnny monte logiquement en 125 cm3. Trop vite peut-être. L’impatience, le manque de maturité et les premières blessures freinent cette progression fulgurante.
Pour comprendre l’importance de Yamaha dans cette période fondatrice, il suffit de se replonger dans l’Histoire Yamaha, où la détection et l’accompagnement des jeunes talents font partie de l’ADN de la marque.
Années de transition, blessures et remise en question
En 1995, Johnny rejoint KTM et Landouzy Moto. Il termine troisième du Championnat de France Junior et découvre l’élite française. L’année suivante, il décroche le titre Junior. Et pourtant, après plus de dix ans de compétition, la lassitude s’installe. Trop de pression, trop d’attentes, pas assez de plaisir.
Il tente une nouvelle aventure avec Kawasaki et le team Platini, sur proposition de Jean-Jacques Bruno. La vitesse est là, mais le corps ne suit pas. Les blessures s’accumulent. En 1998, il s’offre tout de même un titre en Championnat de France de Supercross et remporte trois finales à Bercy, preuve que le talent n’a jamais disparu.
Du motocross mondial à l’enduro, le virage décisif
Pilote officiel Husqvarna en 1999, Johnny Aubert décroche le titre de Champion de France Elite 125 malgré une fracture du genou. Mais en 2000, le retrait de l’investissement usine freine l’élan. Il rebondit chez Yamaha Kurz en 250 cm3, termine 11e du mondial avec plusieurs cinquièmes places. Solide, mais frustrant.
L’année 2002 marque un choc mental. En tête au Grand Prix d’Allemagne face à Mickaël Pichon, une casse d’amortisseur provoque une chute spectaculaire. Physiquement indemne, mentalement touché. Le choix d’une 450 quatre-temps en 2003 n’inverse pas la tendance. Johnny coupe alors avec les Grands Prix et part aux États-Unis avec le team Suzuki ECC. Le rêve américain tourne court après une fracture de deux vertèbres. Il rentre en Europe fin 2004, lucide mais grandi.
La renaissance en enduro avec Yamaha
En 2005, Johnny Aubert envisage sérieusement d’arrêter la compétition. La moto ne lui apporte plus ni équilibre personnel ni sécurité financière. Et puis, presque par hasard, le team Yamaha UFO Corse lui ouvre la porte. Il accepte, “pour le plaisir”. Ce plaisir va tout changer.
Sur une WR450F, il termine deuxième de l’Indoor de Gênes derrière David Knight. En 2006, il décroche son premier podium mondial en enduro au GP de Suède. Après trois Grands Prix, il mène sa catégorie. Une chute en Italie et trois côtes cassées l’empêchent de jouer le titre, mais la dynamique est lancée. En 2007, il monte sur la troisième marche du podium mondial E2 et remporte les ISDE au scratch, exploit réservé jusque-là à des légendes françaises comme Gilles Lalay et Stéphane Peterhansel.
Johnny Aubert champion du monde d’enduro
2008 est l’année de la consécration. Toujours chez Yamaha UFO Corse, Johnny affronte Juha Salminen et David Knight. Le combat est intense. Il remporte cinq journées de championnat, en Espagne, au Portugal, au Pays de Galles et en Italie. Le 12 octobre 2008, à Mende, il devient Champion du Monde d’Enduro E2. Il récidive en 2009 avec un second titre mondial.
En 2010, il passe en E1, termine vice-champion du monde malgré des soucis de santé et remporte les ISDE par équipe et au scratch. La suite est plus chaotique. La saison 2011 est marquée par les casses et les blessures. Fidèle à son esprit de défi, Johnny s’aligne au Dakar 2012 pour se confronter à la navigation et aux dunes. Il signe une quatrième place d’étape et termine 14e au général.
Palmarès de Johnny Aubert, chiffres clés
Principaux titres et résultats
Champion du monde d’enduro E2 en 2008 et 2009
Vainqueur des ISDE au scratch en 2007 et 2010
Champion de France Elite 125 en 1999
Champion de France Junior MX en 1996
Champion de France de Supercross 125 en 1998
Vainqueur de la Coupe du Monde de motocross 80 cm3 en 1993
14e du Dakar en 2012
Ce qu’il faut retenir de Johnny Aubert
Johnny Aubert, c’est le talent brut, la précocité, les doutes, les blessures, puis la renaissance. Peu de pilotes français peuvent revendiquer un tel parcours entre motocross, supercross, enduro et rallye-raid. Son histoire rappelle une chose essentielle : parfois, ce n’est pas la discipline qui fait le champion, mais le champion qui trouve enfin la discipline qui lui correspond.
Auteur:
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Ancien mécano , magasinier , chef d'atelier moto pendant plus de 25 ans, aujourd’hui je suis SEO pour Planète Yam, je décrypte les modèles Yamaha avec un œil technique et une passion qui ne s’éteint jamais.
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