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Barry Sheene : légende rebelle du Grand Prix moto et icône éternelle
Barry Sheene, un destin forgé dans les paddocks
Barry Sheene découvre la moto très tôt grâce à son père Frank, mécanicien passionné. Il débute sur une Ducati 50 cm3, plongé dès l’enfance dans l’odeur de l’huile et le bruit des moteurs. À cette époque, la course n’est pas un rêve marketing, c’est un héritage familial. Pour comprendre le contexte technique et industriel dans lequel il évolue, un détour par l’Histoire Yamaha permet de mesurer l’évolution des machines et des mentalités dans le monde de la compétition moto.
Un père, des motos espagnoles et des circuits improvisés
Frank Sheene, surnommé “Franco” pour son activité d’importateur de motos de course espagnoles, fait venir des machines redoutables comme la Bultaco Metralla. Préparées avec un soin quasi obsessionnel, elles permettent à Barry de briller sur les petits circuits britanniques, souvent installés sur d’anciens aérodromes de la RAF. Très vite, il devient à la fois pilote et mécanicien, une double compétence qui fera toute la différence.
Des débuts fulgurants en championnat
En 1969, Barry Sheene termine deuxième du championnat britannique 125 cm3. À seulement 20 ans, il remporte le titre national en 1970 et se classe deuxième du championnat d’Espagne 125 cm3. En 1971, il atteint un nouveau palier avec une deuxième place au championnat du monde 125 cm3. Cette même année, il s’impose aussi en 500 cm3, prouvant une polyvalence rare à l’époque.
La consécration internationale et le choc de Daytona
En 1973, il remporte le Trophée FIM 750, qui deviendra championnat du monde en 1976. Mais en 1975, tout bascule à Daytona : une chute spectaculaire à près de 300 km/h, causée par le blocage de la roue arrière suite à la dilatation du pneu. Bilan lourd : jambe gauche, bras droit, clavicule et côtes fracturés. Beaucoup pensent sa carrière terminée. Sept semaines plus tard, il est de retour en piste et termine sixième du mondial 500. Mentalité d’acier.
Double champion du monde et rivalités légendaires
1976 et 1977 marquent l’apogée : cinq victoires en Grand Prix et deux titres de champion du monde 500 cm3. En 1978, il doit s’incliner face à Kenny Roberts et termine vice-champion. En 1979, il quitte Suzuki, estimant être moins bien équipé que ses coéquipiers, et rejoint Yamaha sur une machine privée avant d’obtenir du matériel officiel compétitif.
Le déclin sportif et la fin de carrière
Une lourde chute en 1982 freine définitivement sa domination. Il termine quatrième du championnat du monde cette année-là et décide de se retirer de la compétition en 1984. Sheene ne disparaît pas pour autant du paysage moto, loin de là.
Un personnage, une image, une légende médiatique
Barry Sheene, c’est aussi une personnalité flamboyante. Accent cockney assumé, humour direct, sens aigu de la communication et goût prononcé pour les affaires. Son casque orné d’une tête de canard, version agressive de Donald Duck, devient iconique. Fumeur invétéré, il perce même un trou dans son casque intégral pour fumer une cigarette sur la grille de départ, un rituel devenu mythique.
Une seconde vie en Australie et derrière le micro
À la fin des années 1980, il s’installe sur la Gold Coast australienne pour soulager une arthrose sévère liée à ses blessures. Il devient commentateur moto pour la télévision, notamment sur Nine Network puis Network Ten. Son style est unique : franc, sans filtre, technique, parfois à double sens, toujours authentique. Il ne cache jamais ce qu’il pense d’un pilote, d’une moto ou d’une équipe.
L’héritage technique et humain
Moins connu du grand public, Barry Sheene est aussi l’inventeur de la protection dorsale pour motards. Il fabrique lui-même un prototype et participe ensuite à la diffusion de cet équipement de sécurité devenu indispensable. Dans ses dernières années, il s’implique également dans les courses de motos historiques, dominant largement les amateurs.
Disparition et hommages
Barry Sheene décède d’un cancer le 10 mars 2003. Il laisse derrière lui son épouse Stephanie McLean et leurs deux enfants. Au Royaume-Uni, le circuit de Brands Hatch lui rend hommage en renommant la portion Dingle Dell en “Sheene’s Corner”, symbole d’un respect éternel.
Anecdotes et faits marquants sur Barry Sheene
Seul pilote à avoir remporté des courses de championnat du monde en 50 cm3 et en 500 cm3
Son numéro fétiche était le 7
Son casque arborait un Donald Duck stylisé
Il fumait une cigarette sur la grille de départ grâce à un trou percé dans son casque
Il est considéré comme le père du célèbre salut motard en V

